Partager l'article ! Qu'est ce qu'une plante carnivore ?: Voici une petite présentation tirée d'un ouvrage de JJ Labat spécialiste en la matière et pépinièr ...
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L'apparition de la carnivorité chez les plantes est difficile à déceler. Pas vraiment de date, on connait quelques fossiles dont les plus anciens remontent à 85 millions d'années et qui semblent être des ancêtres d'Aldrovanda vesiculosa. Pour l'origine, on doit plutôt évoquer un long cheminenement, différent d'un groupe de plantes à l'autre, conduisant certaines éspèces vers la capture de proies, puis, fait essentiel, à leur digestion. Leur alimentation, ainsi enrichie en élément nutrtifs, leur permet de s'adapter aux milieux très pauvres où on les rencontre essentiellement : tourbières acides, eaux acides, sols sableux lessivés, et, parfois, habitats épiphites (c'est à dire vivant sur les branches et les troncs d'arbres et non dans le sol).
Sur un total d'environ 250.000 espèces de plantes à fleurs, seules 550 sont recencées comme carnivores, ce qui est très peu. Elles se répartissent en 9 ou 10 familles, 17 ou 18 genres.Certains genres se retrouvent sur tous les continents, comme Utricularia et Drosera, qui représentent à eux deux les trois quarts des éspèces. D'autres comme Cephalotus en Australie, sont très localisés.Seuls les vrais déserts et les pôles en sont dépourvus. Terrestre, aquatiques ou épiphites ces végétaux occupent des biotopes variés (marais, tourbières, savanes marécageuses,lacs ...) et des altitudes diverses, du niveau de la mer à plus de 3000 mètres.
La flore française compte plus de 20 taxons sauvages (éspèces, sous éspèces, variétés formes et hybrides naturels) : 4 droséras, 13 grassettes (Pinguicula), 6 utriculaires et 1 aldrovanda.
Pièges à loup de Dionea et
Aldrovanda : constitués par une mâchoire, ils se referment en 1/30 s à 1/50 s. Le piège de la dionée est bien connu : son mécanisme est actionné par des petits poils sensibles situés à
l'intérieur du piège. Les proies y sont attirés par la coloration rouge des lobes et la présence de glande nectarifères. Il faut noter que piège ne se referme qu'au deuxième contact avec un des
poils sensibles, ce qui permet d'éviter toute fermetures inutiles. Chez Aldrovanda, le mécanisme est similaire, même si le piège ne mesure que quelques millimètres et que les captures sont
aquatiques.
Pièges à glu de Byblis, Drosera, Drosophyllum, Ibicella, Pinguicula, Triphyophyllum. Ces plantes sécrètent des gouttelettes adhésives (des mucilages) sur
lesquelles les proies se collent. La capture est passive, mais chez les droséras on assiste ensuite à un repli progressif de la feuille autour de la proie
qui multiplie ainsi la surface de contact et améliore la digestion. De même, le limbe des feuilles des grassettes (Pinguicula) se replient sur leurs bords.Les autres plantes de ce groupe
restent totalement passives.

Pièges en nasse de Genlisea : cette plante, vivant dans la vase ou le sable
humide, possède des pièges à en tubes spiralés, dans lesquels les minuscules proies pénètrent. Retenues par une pilosité à rebrousse-poil, elles sont progressivement digérées au cours de leur
trajet vers une "chambre" où elles sont finalement assimilées.
Pièges à urnes de Brocchinia,
Catopsis, Cephalotus, Darlingtonia, Heliamphora, Nepenthes, Paepalanthus, Sarracenia : évoquant des tubes, des vases, des cornets, des souliers ou des nasses, ces feuilles transformées,
nommées dans le language botanique "ascidies", forment des pièges d'où les proies n'arrivent plus à sortir. En aucun cas les clapets qui se trouvent au sommet de certaines de ces urnes ne se
referment sur leurs proies : la capture reste passive. On distingue parfois trois zone : ume première zone, destinée à attirer les insectes au moyen de nectar et de couleurs ; une deuxième zone,
cireuse, sur laquelle les insectes glissent ; une troisième zone, enfin, dans le fond de l'urne, remplie d'eau de pluie ou de sucs digetifs dans lesquels les insectes se noient et sont
digérés.